ÉDITORIAL • 15 FÉVRIER 2025
Si le mariage a longtemps été une institution en Chine, un passage obligé, la toile de fond permettant de construire un avenir en commun, force est de constater qu’il n’a plus aujourd’hui la cote dans l’empire du milieu. En effet, en 2024, le nombre d’unions enregistrées a atteint son taux le plus bas depuis 1986, première année où des statistiques sur le sujet ont été établies. Ce recul de 20% reflète non seulement une évolution des moeurs mais s’inscrit aussi dans un contexte économique incertain. L’explosion du célibat et le vieillissement de la population entraînent dans leur sillage une baisse de la natalité. Ce constat pose un défi démographique majeur dans la mesure où, ironie du sort s’il en est, la Chine, qui est après l’Inde la deuxième nation la plus peuplée au monde, avait, il n’y a pas si longtemps, tout mis en œuvre pour limiter sa démographie. La politique de l’enfant unique (1979-2015) a aujourd’hui cédé la place à des campagnes de propagande pour inciter les jeunes à s’unir et à fonder une famille. Tout en perpétuant une vision traditionnelle du mariage, la radiographie de Nick Veasey immortalise en creux un couple in abstentia.
Icône du design automobile, la Citroën DS a soufflé cette année ses 70 bougies. À l’instar d’un vaisseau futuriste glissant sur l’asphalte, la berline est en effet entrée dans la légende dès 1955. Emblématique des Trente glorieuses, la “déesse” était à l’époque une véritable révolution sur quatre roues. Sa silhouette fuselée et sa suspension hydropneumatique la rendent immédiatement reconnaissable. En limitant le bolide à sa partie centrale, Gabriel Orozco évoque de façon subliminale la synergie entre ingénierie et imagination, onirisme et innovation.
Restez curieux et bonne lecture!
Zoé Schreiber